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Charge mentale

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Entre travail et obligations familiales, les mères supportent sur leurs épaules un trop-plein de responsabilités. Marie-Laure Monneret, coach et auteure du livre "Exit la charge mentale", explique à La Family, pourquoi et comment beaucoup de femmes se retrouvent dans cette situation de surmenage.

La Family. Depuis quand le terme de charge mentale est-il apparu ?
Marie-Laure Monneret.
On en parlait depuis longtemps dans les milieux professionnels, mais l’appellation charge mentale a été popularisée auprès du grand public en 2017 par Emma, une blogueuse qui a fait le buzz avec sa BD publiée sur Facebook "Fallait demander".

De nombreuses femmes se sont reconnues dans les situations décrites ?
Ça a permis à toutes les femmes de mettre un nom sur ce qu’elles ressentaient, mais qu’elles considéraient comme normal.

La charge mentale n’est pas un phénomène nouveau ?
Dans les années 70, elle concernait les managers, des hommes dans 90% des cas, qui rapportaient chez eux, la pression professionnelle. Aujourd’hui, la charge mentale fait le chemin inverse, la femme l’emmène avec elle au bureau, ce qui parasite son activité.

Travail, foyer la mère de famille doit tout gérer ?
Elle cumule une double journée ce qui est fatigant, mais ce n’est pas seulement les différentes tâches à exécuter qui posent problème, mais le fait d’avoir à les organiser et à y réfléchir en amont. C’est cette charge qui pèse tout au long de la journée.

Elle se sent investie d’une mission ?
Oui, pour elle, la famille, les enfants sont la priorité et elle se dit que si elle ne pense pas à tout personne n’y pensera à sa place.

C’est une course permanente qui finit par user ?
Il y a une surchauffe, une accumulation de responsabilités professionnelles et domestiques qui entraînent des difficultés de concentration, du stress et peut aller jusqu’au burn-out maternel.

Le burn-out ne concerne pas que le monde du travail ?
Le burn-out est un épuisement mental et physique. Certaines mères exténuées, victimes d’un trop grand stress ne peuvent plus se lever le matin, leur corps dit stop.

Pourquoi ne s’arrêtent-elles pas avant ?
Pour les mères, élever ses enfants est le plus beau métier au monde. Elles idéalisent et quand elles ressentent du stress, elles culpabilisent, s’en veulent de ne pas y arriver. Au lieu d’en parler, de demander de l’aide, elles s’épuisent de plus en plus, c’est un cercle vicieux.

La charge mentale est à la fois liée au travail et aux enfants ?
Tant que le couple n’a pas d’enfant, il y a beaucoup moins de choses à organiser. Quand le frigo est vide, il n’y a pas tellement de conséquences. Avec des enfants, oublier les devoirs ou la tenue de sport devient vite un problème.

Pendant ce temps, l’homme, le père est aux abonnés absents ?
La femme n’a pas conscience de la charge mentale qu’elle subit. Elle se sent forte et ne partage pas. On ne peut pas accabler l’homme de ne pas réagir, car il n’a pas conscience lui non plus du déséquilibre.

Les rôles semblent être établis d’avance …
L’éducation, l’environnement nous font toujours considérer que c’est à la femme de s’occuper des enfants alors qu’ils ont été faits à deux. La mère n’est pas la seule à avoir les compétences requises.

Les familles monoparentales subissent aussi cette charge mentale ?
Les pères et les mères qui sont seuls n’ont aucune soupape et sont obligés de tout gérer, ils ne peuvent pas déléguer. Gérer le stress, se libérer d’une charge mentale trop lourde passe par le partage des responsabilités.

Dans un couple, par où commencer ?
Il est nécessaire de communiquer, de se faire confiance et de remettre en cause toutes les croyances avec lesquelles on a grandi.

Quelles sortes de croyances ?
On doit comprendre ce qui sous-tend nos comportements, ce qui nous pousse à agir comme on le fait. Dès le plus jeune âge, on offre une cuisinière à la petite fille quand on offre un garage au petit garçon. La notion de nouveau père est à soutenir, car l’image du parent qui s’occupe des enfants et du foyer n’est toujours pas valorisée. Elle reste associée à la soumission, au sacrifice alors que c’est un rôle qui demande beaucoup de compétences.

Faut-il viser la parfaite égalité dans le partage des taches ?
Le but n’est pas une égalité par principe, mais une répartition juste. Selon les moments, l’un peut être plus impliqué que l’autre et inversement. Et puis, on ne se répartit pas des taches mais des activités.

Il y a une différence ?
Dans le cas du frigo vide, il ne s’agit pas d’aller juste faire les courses, mais de nourrir la maison, donc de penser aux différents menus. On n’exécute plus, mais on assure de bout en bout, on devient responsable.

Concrètement, comment se répartir les activités ?
Selon les possibilités, les goûts de chacun et pour qu’on se sente bien dans la nouvelle organisation, il faut poser un diagnostic en toute honnêteté. Dans la liste exhaustive des choses à faire dans la maison, l’homme et la femme choisiront ce qu’ils aiment faire ou ce qui ne représente pas une trop grande corvée à leurs yeux.

Parfois, la femme a du mal à déléguer et estime que ce ne sera pas aussi bien fait que si c’est elle qui s’en occupe…
Si la femme considère qu’elle est la meilleure pour faire une tache, elle la fera elle-même. Sinon, elle fera confiance à l’autre et délèguera l’activité. Ce qui compte c’est de définir au départ l’objectif et de laisser faire intégralement celui ou celle qui est en charge.

La femme doit donc lâcher prise et se libérer du mythe de la mère parfaite ?
En effet, il faut arrêter de vouloir être sur tous les fronts, de jouer à Wonder Woman au travail comme à la maison.
L’image des mamans stars qui assurent et qui le montrent sur les réseaux sociaux n’arrange pas les choses ?
Il n’y a pas que l’exemple des stars, il y a aussi la mère parfaite qu’on voit tous les matins à l’école qui est toujours à l’heure, dont les enfants sont tirés à quatre épingles, et qui apporte le bon gâteau le bon jour pour l’anniversaire. La maman ordinaire doit arrêter de se mettre la pression inutilement.

La charge mentale n’est pas une fatalité ?
Non, même si les mentalités ne changent pas vraiment. Tant qu’on estime que c’est à la femme de sacrifier sa carrière, qu’elle est la seule responsable, les mêmes habitudes continueront de se mettre en place à la naissance de l’enfant. Le monde du travail doit aussi reconnaître la vie familiale du père, lui accorder un congé de paternité, le laisser quitter le bureau à 18h00.

Il faut déjà se mettre d’accord ensemble, au sein de la famille…
Oui, la solution est dans la souplesse et dans la communication. Pour que les choses évoluent, il faut s’écouter, se comprendre et travailler en commun. Quand on se sent débordé, il est important de se parler en évitant d’agresser l’autre. Se libérer de la charge mentale, c’est faire en sorte que les taches à accomplir prennent le moins de temps possible et que l’on puisse se retrouver ensuite et profiter d’une vie de couple plus harmonieuse.
François Jeand’Heur
"Exit la charge mentale ! 7 clés pour une vie de couple égalitaire", Marie-Laure Monneret, éditions First, février 2018.

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