Comparer, se comparer...utile ou toxique?

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Comparer, se comparer...utile ou toxique?

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Un article proposé en collaboration avec Annick Pochet
Thérapeute systémique, PNL et Hypnose

Tout au long de sa vie, on compare ses capacités, ses compréhensions, ses réussites ou ses échecs à ceux des autres. La comparaison est utile quand elle permet de relativiser les problèmes que l'on vit ou les difficultés qu'on traverse. Dans ces moments là, se comparer aide à supporter la douleur engendrée par lesdits problèmes. Vous avez très certainement entendu ou dit vous-même ;"ce que je vis n'est rien comparé à ce que vit untel!". On prend du recul, on attenu la douleur, on mesure de cette façon notre capacité de résilience.

Il faut dire qu'on grandit dans une société qui est basée en bonne partie sur la comparaison. Que ce soit dans la vie professionnelle, le sport, les relations sociales ou familiales, on a besoin de se comparer les uns aux autres pour s'évaluer soi-même et déterminer si on est bien la personne que l'on veut être.

Cependant, à trop se comparer, on fini par se perdre! Fabriquer son identité sans automatiquement se comparer aux autres est tout à fait possible et même souhaitable!

Prenons par exemple, la comparaison que font les parents entre les enfants d'une même fratrie, ou entre leurs enfants et leurs pairs. Beaucoup ont des pensées du style: "mon fils était quand même plus dégourdit que ma fille au même âge", "Elle plus intelligente que sa copine...". Un peu comme ces mamans qui comparent l'évolution de leur bébé à ceux des autres. Cela permet aux parents de se rassurer comme étant "bons" dans leur rôle. Ils valident ainsi leurs choix éducatifs.

Certains cherchent ce que leur enfant à de mieux que les autres en le survalorisant et induisent chez ce dernier la crainte de ne jamais être à la hauteur et du coup de les décevoir. Rien de plus compliqué pour un enfant que de gérer la déception qu'il provoque chez ses parents.

A l'inverse, des parents se livrent à des comparaisons dévalorisantes provoquant chez leur enfant un comportement qu’ils ont parfois eux-mêmes contribué à créer. Influencé par le regard de ses parents, un enfant peut du coup devenir un “cancre” ou un "génie malheureux", pour conforter ces derniers dans leurs certitudes.

Selon la psychologue Isabelle Filliozat, " Positives ou négatives, les comparaisons chez les enfants sont souvent toxiques. Elles empêchent l’enfant de se construire dans un rapport juste à sa réalité et à son identité " .

Mais alors, qu'est-ce qui pousse les parents à faire ces comparaisons? Peut être leurs incertitudes quant à leurs compétences de parents. Ou alors des comportements qu'ont leurs enfants et qui les renvoient aux échecs de leur propre enfance. À moins qu’ils n’expriment un sentiment d’impuissance : en reprochant à un enfant d'avoir moins bien fait que son frère ou sa soeur, les parents se déculpabilisent: ils n’y sont pour rien, puisque qu'ils ont donné autant d'amour et d'attention à chacun d'eux et de manière équitable.

Il faut toujours garder à l'esprit qu'un enfant naît à un moment précis de l'histoire familiale et personnelle de chaque parent, et que ce moment n'a rien à voir avec celui où est arrivé sa soeur ou son frère. Le contexte dans lequel cet enfant naît, cette différence fondamentale, va créer un lien entre les parents et l'enfant qui sera unique. Il n'est donc pas possible de comparer. Il faudra, au contraire, prendre soin de positiver ses différences, car ce sont elles qui feront de chaque enfant un être singulier et irremplaçable!

Annick Pochet, Thérapeute en psychologie systémique à domicile

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