Témoignage 1 – Manon

Notre expert
Anne Jeger - Psychologue clinicienne

Question psychologique en ligne ► Anne Jeger, Notre partenaire psychologue clinicienne, répond répond gracieusement à toutes les questions que vous vous posez concernant vos problèmes personnels et familiaux :
Ecrivez-lui ici: jegeranne@hotmail.com ou au 076 373 98 26

Manon

  

J’ai toujours voulu avoir un enfant. Ce désir remonte à quand je n’étais qu’une enfant. Ma famille disait toujours que j’avais un instinct maternel très développé et que je m’occupais de mes poupées comme une maman de son bébé.

       

Lorsque mon mari et moi nous sommes rencontrés en 2005, nous avons très vite évoqué le désir de fonder une famille. Si bien que l'automne 2006, après avoir terminé une formation professionnelle complémentaire, nous avons décidé que le temps était venu que je cesse de prendre la pilule. Au retour d'un voyage aux Maldives, j’ai donc fini ma dernière plaquette. Les mois ont passé sans que jamais LA bonne nouvelle ne s’annonce. Fin 2007, lors de mon contrôle annuel chez ma gynécologue, j’ai pu en parler avec elle et lui confier mon incompréhension. Elle m’a réconfortée en me disant que certains couples avaient besoin de plus de temps et qu’il ne fallait pas que je m’inquiète…que je lâche prise en somme ! Tout cela en me disant que si je n’étais toujours pas enceinte l’année suivante (fin 2008), nous pourrions envisager de faire des investigations.

       

L’année 2008 a passé et toujours pas de grossesse…

 

Je commençais à me poser des questions et plus le temps passait plus je me «prenais la tête». Décembre 2008 arriva et avec lui le temps de mon contrôle annuel. J’ai donc à nouveau abordé le sujet avec ma doctoresse qui m’a proposé, dans un premier temps, que mon mari fasse un spermogramme et m’a donc conseillé de contacter le laboratoire F. Mon mari n’était pas très emballé, ni pressé, et je devais régulièrement lui rappeler que pour moi c’était important d’aller de l’avant. L’examen a finalement été fait au printemps 2009…peu de temps avant notre mariage. Les résultats n’étaient pas alarmants mais ma doctoresse nous a orientés vers le CPMA (Centre de Procréation Médicalement Assistée) afin de faire plus d’investigations autant pour mon mari que pour moi. C’est avec beaucoup de motivation que nous avons fait les divers examens. J’ai mal vécu l'hystérosalpingographie qui m’a fait beaucoup souffrir…Je suis sortie de cet examen en pleurs et je me suis sentie minable. Comment voulais-je être capable de vivre un accouchement si je ne parvenais pas à supporter un «simple» examen de l’utérus...Les premiers examens n’ont rien révélé de grave; le médecin nous a conseillé de faire des tests génétiques. Rien n’a été trouvé non plus, si ce n’est que je suis porteuse d’une hétérozygotie du gêne MTHFR. Selon les explications du médecin cela est associé à une augmentation du risque de fausse-couche. Nous sommes donc un couple hypofertile, comme environ un tiers des couples.

     

Nous avons ensuite démarré les injections d’hormones. J’ai vraiment dû prendre mon courage à pleine main pour réussir à me piquer. Passée la peur de me piquer, je me suis fait les injections sans trop de problème et je les ai «bien» supportées pendant les trois mois des rapports dirigés. Nous avons eu pas mal de peine à gérer les rapports dirigés, bref ça nous coupait l’envie...Nous avions vraiment de plus en plus l’impression que nos rapports sexuels ne servaient plus qu’à concevoir ce bébé que nous désirions tant. Les trois mois de rapports dirigés n’ont pas apporté le résultat escompté! De mon coté, je commençais déjà à saturer de devoir me piquer. Je remarquais que je prenais du poids et je le vivais mal. Nous avons donc décidé de faire une pause avant de passer aux IAC (Inséminations Artificielles) et c’est moi qui ai voulu reprendre les traitements après deux ou trois mois de pause.

 

Au printemps 2010, nous sommes donc passé aux IAC (Inséminations Artificielles). Il me semblait que j'avais rechargé les batteries et je m’y suis lancée avec motivation, convaincue que ce serait LA SOLUTION pour concevoir notre bébé. Premier essai négatif, deuxième essai toujours négatif… Je traversais tous les mois de grosses crises lorsque mes règles arrivaient. J’ai à nouveau ressenti le besoin de faire une pause.

 

Plus les mois passaient, moins j’acceptais les annonces de grossesses autour de moi et la vue de femmes enceintes dans la rue me poussaient gentiment vers un état dépressif. Nous n’avions pas dit à tout le monde ce que nous vivions. Seuls nos familles et nos amis proches étaient au courant des traitements, ce qui a eu pour conséquences que plusieurs connaissances comprenaient mal mes réactions et attitudes négatives face à leurs grossesses. Mon mari, quant à lui, tenait le coup ou plutôt s’est montré fort vis-à-vis de moi et m’a toujours soutenue. Il m'a avoué récemment que le manque de ce bébé le fait autant souffrir que moi, si ce n’est plus, puisque j’ai entrepris une thérapie pour mieux vivre avec ce manque.

        

Les traitements entrepris en PMA n’ont malheureusement pas fonctionné. Je me suis juste sentie de plus en plus mal dans ma tête et dans ma peau. Passés les traitements remboursés par l’assurance maladie, me sentant vraiment mal, nous avons décidé de ne pas continuer et de ne pas prendre la voie des FIV (Fécondation In Vitro). Je ne concevais pas le fait de devoir «passer à la caisse» pour concevoir un bébé, même si le professeur qui nous accueillait au CPMA nous avait parlé de bons résultats avec les FIV. Je commençais à me sentir comme une vache qu'on bourre d'hormones pour être «plus productive». Je ressentais un énorme besoin de m’occuper de moi et d’apprendre à mieux me connaître. De plus, durant ces quelques années, j’avais lu plusieurs livres qui, entre autres, parlaient de blocages psychologiques. J’avais une bonne raison de m’y intéresser, puisque cela faisait plusieurs années que j’avais coupé les contacts avec mon père.

      

Quelques recherches sur Internet m’ont permis de trouver les coordonnées d’Anne Jeger. Je l’ai donc contactée début août 2010 et mes deux années de séances avec elle m’ont énormément apportée. D’abord, j’ai eu le soutien extérieur et le déclic qu’il me fallait pour reprendre contact avec mon papa. Anne m’a aidé à comprendre que dans ce cas précis cela ne servait à rien de penser à ce que ma maman et ma sœur penseraient de ma démarche, qu’il fallait passer par-dessus les éventuels jugements de ma famille. C’est moi qui en ressentais le besoin et l’envie et cela a été mon moteur. Le contact avec mon papa a donc été renoué et aujourd’hui j’en suis vraiment heureuse.

       

Je suis très fière du chemin parcouru pendant ces deux années. Je suis en accord avec moi et je sais que je ne m’infligerai plus de traitements hormonaux pour parvenir à avoir ce bébé tant désiré.

    

Au printemps 2012, nous avons vécu un petit miracle de courte durée…j’ai fait une fausse couche précoce. Cependant, passée la déception que nous avons tous les deux ressentis, nous l’avons vue comme un pas de géant vers la réalisation de notre rêve. Nous ne nous y attendions plus et nous étions résolus au fait que nous ne serions peut-être jamais parents. Pour ma part, j’ai l’énorme chance d’être marraine de deux filles. Je leur reporte tout mon amour maternel et je les gâte comme je peux.

           

A l’heure où j’écris ces lignes, je ne suis malheureusement toujours pas maman. Mais le travail entrepris avec Anne m’a fait grandir et surtout je sais aujourd’hui ce dont j’ai besoin et comment mieux gérer les situations de crises (privées et professionnelles). Le fait de voir des femmes enceintes ne me plonge plus systématiquement dans un état de tristesse, au contraire j’arrive à m’en réjouir pour elles ! Je suis la marraine, cousine, voisine et copine «gâteau» qui achète des petits vêtements pour bébés dès qu’il y a une naissance. J’ai appris à donner mon amour maternel aux enfants des autres ! Certes, il y a des jours où le manque se fait plus ressentir, mais ensemble avec mon mari nous nous épaulons l’un l’autre avec tout de même une lueur d’espoir de pouvoir un jour vivre l’aventure d’une grossesse, d'une naissance et de l’infini bonheur de devenir parents.

J’espère que par ces quelques lignes je contribuerai à faire avancer d’autres couples et de continuer à y croire, toute en poursuivant la réalisation des projets à deux et il sera bien assez tôt de les modifier si tout d’un coup le miracle se produit…

 

Mars 2014

Pas mal de temps s'est écoulé depuis que j'ai écrit ce témoignage et plusieurs changements se sont passés dans notre vie. Nous avons notamment emménagé dans notre appartement acheté à la fin de l'année 2013. Quelle belle aventure que de devenir propriétaire d'un appartement équipé et décoré entièrement selon nos choix. Pour ma part, j'ai eu un épisode de passage à vide en été 2013. J'ai repris une thérapie avec Anne Jeger pour m'aider à traverser cet épisode de burn-out. J'ai démissionné de mon travail et pris le temps nécessaire pour remonter la pente et me reconstruire à mon rythme. Une nouvelle fois, grâce à l'aide d'Anne j'ai pu retrouver la voie de la sérénité et du calme. J'ai retrouvé un poste de travail adapté à ce que je souhaite réellement et dans lequel j'espère continuer à m'épanouir professionnellement. Durant les dernières discussions que j'ai eues avec Anne, nous avons abordé le sujet de notre désir d'enfant toujours intact et non réalisé. Anne a eu l'extrême gentillesse de me parler plus en détail et à penser à nous orienter vers l'adoption. Après quelques discussions avec mon mari, nous avons décidé de démarrer les procédures dans le courant des mois à venir. Je ne lâcherai pas mon idée de conception naturelle tant que je serai en âge de procréer naturellement. Néanmoins le désir d'offrir une vie remplie d'amour à un enfant abandonné germe de plus en plus dans ma tête.

 

Pour conclure mon témoignage je souhaite partager une citation de Socrate que j'aime particulièrement:

 

«La chute n'est pas un échec. L'échec est de rester là où on est tombé».

Par : 

Anne Jeger, psychologue clinicienne et thérapeute

- Elle assure le suivi de couples infertiles, 
de femmes vivant leur grossesse avec difficultés,
et de couples traversant un deuil périnatal.

  

   

   


▼ Consultez la suite de l'article ci-dessous

Commentaires





A lire
Nos partenaires