Enfant unique, usual suspect

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Enfant unique, usual suspect

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Enfant unique

 

L’enfant unique, usual suspect

 

 

Narcissique, immature, il a longtemps été perçu comme inadapté. L’évolution des mentalités, l’éclatement des familles a changé l’image du modèle de la famille nombreuse et heureuse. Etre seul face à ses parents n’est pas une fatalité si dès son plus jeune âge, l’enfant unique s’ouvre vers l’extérieur et se confronte aux autres.

 

Moi d’abord, moi ensuite

Unique, adjectif : seul dans son genre, exceptionnel, inimitable. Avec une définition pareille, pas étonnant que l’enfant unique attire les commentaires, les idées reçues. Egoïste, gâté, pourri, asocial, sensible, chanceux,… bien des adjectifs lui collent à la peau. Sa réputation est peu flatteuse en général, elle le suit pendant son enfance et au-delà parfois. En couple, le compagnon ou la compagne l’accusera plus facilement de ne pas s’intéresser aux autres. Mettre des étiquettes, prendre des raccourcis, c’est d’abord se rassurer, sur l’autre cet inconnu. Qu’il soit timide, on dira qu’il est perdu en dehors des jupes de sa mère, s’il est turbulent, on jugera qu’il ne supporte pas de ne pas être le centre du monde. Trop-plein ou manque, il a forcément un défaut de fabrication. Ariel de Mercurio, psychologue et spécialiste de l’enfant, à Lausanne, constate que les enfants issus de fratries ne sont pas plus généreux ou désintéressés. Et de citer la jalousie entre frère et sœur pour un jouet, quand l’enfant unique partagera car il ne connaît pas ce sentiment de frustration. Le véritable enjeu est ailleurs pour lui, il est dans la socialisation de l’enfant qui va s’aguerrir au contact de ses pairs. « Son évolution va dépendre des parents et de leurs aptitudes éducatives », résume le psychologue.

 

Chiffres et croyances

Le dernier recensement en 2000, indique que la part des familles avec un seul enfant de moins de 18 ans est de 40% et que l’enfant unique représente 22% du total des enfants. En cinquante ans, les schémas traditionnels ont bien évolué. Le taux de natalité a diminué, il est passé de 2,7 enfants par femme en 1964 à 1,5 enfant en 2012. Les divorces, les familles recomposées, le recul de l’âge du mariage comme celui de la première naissance ont redessiné les contours familiaux. Aujourd’hui, les raisons personnelles pour n’avoir qu’un enfant sont multiples selon Ariel de Mercurio. « Pour certains, l’idée d’un enfant unique permet de continuer à s’investir dans son travail. La séparation, le divorce sans recomposition familiale derrière, sont aussi des causes ». A noter qu’entre 1970 et 2000, les familles monoparentales ont plus que doublé, passant de 36 000 à 90 000 ! Les mentalités ont donc changé depuis les années 50, quand Françoise Dolto déclarait à propos des enfants uniques : « A 15-16 ans, ce sont des sujets d’élite d’un point de vue scolaire mais des êtres nuls du point de vue des échanges humains ». Ce qui ne change pas, par contre, c’est le besoin d’amour et d’attention de chaque enfant, qu’il soit unique ou non.

 

Ni pareil, ni différent

La qualité de la relation à l’autre est l’une des clés de l’épanouissement de l’enfant unique. Confronté plus souvent à des moments de solitude, les parents doivent l’encourager à fréquenter les clubs de sport, à partir en camp de vacances, à recevoir ses petits camarades à la maison. Le risque d’étouffement sera ainsi évité. Quid de la pression à l’école ? « Un enfant unique ne suscitera pas plus d’attentes qu’un garçon à l’intérieur d’une fratrie qui subirait par exemple, le poids de la réussite scolaire alors que sa sœur en aurait été épargnée », analyse le psychologue. S’ils doivent favoriser sa vie sociale, les parents n’ont pas à en faire trop. Ils ne s’inquiéteront pas s’il s’isole car il préfère la lecture ou s’il sort beaucoup parce qu’il aime la compagnie. Ils doivent avant tout respecter le caractère de l’enfant. Dans le cas d’une famille monoparentale, le danger est de faire de l’enfant un confident et qu’il soit investi d’un rôle qui n’est pas le sien. Là aussi, l’aîné(e) d’une fratrie peut se retrouver malgré lui ou elle, le médiateur entre ses parents. Dans ces situations, le sentiment de solitude et d’impuissance est le même pour tous. Tantôt envié, tantôt plaint, l’enfant unique vit sa propre histoire sans a priori, en constatant simplement qu’il existe d’autres modèles en dehors du sien et que chacun a ses avantages, ses inconvénients. Et que ce qui compte vraiment, c’est d’être entouré de l’affection et de la considération de ses parents pour qui, chaque enfant doit être unique.

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