Rapatriage


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Il semblerait (vox populi) qu’en matière de réconciliation, la perfection soit dans le rapprochement des âmes et des corps, redevenus ce qu'ils étaient dans leur primitive innocence.
Qu’en pensez-vous ?


  Talbot
  10.02.2014
  11:31
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Parce que d'après toi la perfection existe sur cette terre????

A mon avis, heureusement pas!


  Mona
  12.02.2014
  10:21
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Oups… J’ai dû m’exprimer mal Innocent
S’agissant de la «perfection», je sais bien, comme tout un chacun (Proust l’écrivait dès 1922 dans «La Prisonnière») que «Les rêves ne sont pas réalisables, nous le savons ; nous n'en formerions peut-être pas sans le désir, et il est utile d'en former pour les voir échouer et que leur échec instruise».
Mon «sujet» n’était cependant pas la perfection mais la réconciliation Laughing
Est-il possible selon vous de se réconcilier vraiment avec un genre de gueux-se, naguère fort proche, qui se serait soudain révélé-e vil-e, abject-e et méprisable ? D’être en quelque sorte «séduit-e» par un stupéfiant revirement, consistant pour la vermine à reconnaître ses évagations, à vouloir remettre les choses in «statu quo ante» (remettre les âmes et les corps dans leur "primitive innocence"), à supposer bien sûr que la chose soit possible ? Réserve faite des possibilités étonnantes de l’Aura Seminalis, existe-il sérieusement en ce bas monde un détergent efficace pour les souillures, morales et charnelles?


  Talbot
  12.02.2014
  21:35
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Cela va dépendre avant tout de soi-même, c'est-à-dire de ses croyances. Si on a confiance dans les capacités de tout un chacun de pouvoir changer et évoluer, cela va être bien plus facile de se réconcilier que si on croit que les gens restent toujours "ce qu'ils sont". Avoir été blessé laisse des traces différentes chez les uns et les autres. Certains peuvent vivre avec sans que cela contamine toute leur existence et d'autres n'arriveront jamais à faire cette mise à distance et laisseront prospérer leur blessure, voire l'entretiendront méticuleusement. Face à cela nous ne sommes pas égaux... comme dans bien des domaines, malheureusement!

 

Pour se réconcilier, on peut aussi pardonner. Mais pour moi, le pardon a une connotation religieuse qui fait qu'on fait appel à d'autres ressources - divines - que celles plus humaines que nous construisons depuis le moment où on a mis le pied sur terre. Mais bon, Dieu est une super bonne béquille, à ne pas négliger Wink


  Mona
  14.02.2014
  11:11
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@Mona : "Mais bon, Dieu est une super bonne béquille, à ne pas négliger"

«C'est ben vrai ça !» (Jeanne Marie Le Calvé, dite La Mère Denis), je puis en attester ;-)
De fait, ce post sur la «réconciliation» était surtout inspiré par une récente conversation de dînée, dans un gîte d’étape de Haute Engadine : une convive francophone rondelette et de cocasse affectation, manifestement fière de son opulent balcon et de sa formation de «coach certifiée» (rien que l’expression peut esbaudir), prétendait en effet que, quelle que puisse être la gravité des différends, il était tout à fait possible de «remettre» les choses in statu quo ante bellum entre deux personnes de sexe opposé, ce qu’elle se proposait de prouver à quiconque moyennant quelques frayantes et onéreuses séances.
Le propos nous a rendu si perplexes que nous en avons illico tari un réhoboam de Pinot Noir des Grisons. Quelles que soient les intentions, stériles ou fécondes, même "ivres", il me semble en effet très difficile de revenir en arrière.
Pour ma part, le ressentiment m’est plutôt estranger, et lorsque j’ai été déçu par quelqu’un, je n’ai généralement aucune peine à l’oublier(*). Dans quelques cas particuliers cependant, mon problème reste la longévité du mépris : je n’aime vraiment pas mépriser les gens, mais je dois honnêtement admettre que cela peut m’arriver («Encore que je n'aime guère le temps où je vis, je reconnais en moi plus d'un trait de son caractère, et notamment celui que je condamne le plus: je méprise. La haine n'est point entrée dans mon cœur, mais le mépris n'en peut sortir», Louis Veuillot, in «Odeurs de Paris», 1866).
Que faire Mona, pour que le dégoût de l’Autre ne soit pas durable, pour ne pas en faire litière incommodante, fâcheuse présomption, quand d’autres âmes (peut-être droites celles-là ) aimeraient explorer la vôtre ?

(*) sauf en ce qui concerne évidemment le préjudice matériel (s’il y en a un), en raison de son impact sur ma capacité à assurer correctement l’avenir de mes enfants (bientôt indépendants, heureusement).


  Talbot
  20.02.2014
  09:07
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Cela dépend de qui est cet Autre. Si c'est une personne en particulier, l'oubli est la meilleure solution. Tourner la page. Si c'est un Autre plus général, c'est d'abord vers soi-même qu'il serait bien de se pencher: ne pas se mépriser, s'aimer, avoir de l'indulgence. Si on arrive à le faire envers soi, c'est plus facile ensuite envers les autres.


  Mona
  24.02.2014
  15:53
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