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Anne Jeger - Psychologue clinicienne

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La place du corps dans les traitements de procréation médicalement assistée

Anne Jeger, psychologue clinicienne et thérapeute.
Elle assure le suivi de couples infertiles,
de femmes vivant leur grossesse avec difficultés,
et de couples traversant un deuil périnatal.

Les traitements de procréation médicalement assistée (PMA) sont un espoir pour bon nombre de couples en souffrance qui ne peuvent pas concevoir d'enfant naturellement.
Quelques soient les traitements et les protocoles médicaux plus ou moins longs, contraignants et douloureux, le corps de la femme est le principal acteur de cette histoire de couple et il me semble important de parler de lui.
Avant de décider de commencer des traitements de PMA, la plupart des couples s'interrogent sur le bien-fondé d'entamer une telle démarche tant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Les questions sont plus lourdes de sens quand leur sont proposées la FIV (Fécondation In Vitro), l'ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection) ou l'insémination avec don de sperme/d'ovocyte.

Toujours est-il que, quelques soient les démarches entamées, la femme doit montrer son corps, l'exposer parfois devant différents médecins et elle n'a pas le choix car il ne lui reste que cette alternative là pour avoir une chance de concevoir un enfant. Ou sinon le choix d'y renoncer.

Montrer son corps n'est pas aisé pour toutes les femmes. Qu'il devienne l'objet de traitements peut l'être encore moins. Car à travers la prise ou l'injection d'hormones - encore plus intrusive - beaucoup de femmes sentent leur corps agressé. C'est l'intrusion d'un corps externe dans leur corps de femme. Ce corps est vécu comme exhibé à chaque consultation et contrôle gynécologique où il leur faut s'allonger, écarter les jambes, être nues dans tous les sens du terme et souvent vulnérables dans l'attente d'une réponse. Y a-t-il des follicules? Combien? Sont-ils arrivés à maturation? L’insémination ou le transfert de zygotes a-t-il marché? Etc.

A force de traitements hormonaux, de contrôles médicaux, de réactions physiologiques (abdomen gonflé, prise de poids, maux de ventre), la femme vit parfois son corps comme instrumentalisé, et se sent désincarnée, "à côté" de lui. Dissociée. Il devient un objet médical et l'enjeu majeur des traitements teintés d'une attente anxieuse de réussite. Espoir parfois déçu qui renvoie la femme à un échec sur le plan de l'image corporelle et de ses capacités, illusoires, à faire en sorte que "ça marche". Car elle ne peut rien faire pour que "ça marche". C'est son corps qui réagit ou non aux traitements. Elle n'a aucun contrôle sur lui, ce qui la rend d'autant plus impuissante.

Ce vécu corporel se retrouve aussi chez les femmes qui se font opérer d'une endométriose ou d'une grossesse extra-utérine.
Réintégrer son corps prend du temps... Se l'approprier à nouveau, l'accepter, l'aimer à nouveau après ces passages tourmentés, prend du temps, d'autant plus si les traitements ont échoué.

Mais, c'est possible.
Différentes approches le permettent: il est parfois nécessaire de faire un travail sur soi pour poser ses émotions, ses sentiments et mettre des mots sur le vécu de ce parcours du combattant; des disciplines comme la sophrologie, le yoga, la relaxation, les thérapies manuelles pourront aussi aider au processus de réconciliation.

Cet article vous a interpellé, vous vous posez des questions ? Posez votre question à jegeranne@hotmail.com, Anne Jeger, psychologue, vous répondra.

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