« Je suis fatigué, j’ai mal au ventre, je peux pas aller à l’école. »
Ce matin encore, votre ado s’est enfermé dans la salle de bain plus longtemps que d’habitude. Il traîne, soupire, évite votre regard. Officiellement, il est malade. Mais au fond, vous le sentez : ce n’est pas une grippe.
Depuis quelques temps, aller à l’école est devenu une épreuve. Pas à cause des matières ou du niveau scolaire, non. Mais parce qu’il se sent différent. « Trop sensible », « trop bizarre », « trop bruyant », « trop réservé »… Peu importe le mot, il a intégré l’idée qu’il est de trop. Alors il apprend à se camoufler, à rentrer dans le moule, à ne pas déranger. Il joue un rôle toute la journée, jusqu’à ce que l’épuisement prenne le dessus.
L’estime de soi n’est pas un « plus » dans le parcours scolaire : c’est une condition essentielle pour oser apprendre, oser poser des questions, oser essayer. L’estime de soi, c’est ce petit moteur intérieur qui pousse un enfant à lever la main, à essayer même quand il n’est pas sûr, à recommencer après un échec.
Chaque apprentissage devient alors risqué, car il faut s’exposer, accepter de ne pas réussir du premier coup — et affronter le regard des autres, mais aussi le sien. Car bien souvent, c’est le regard que l’enfant porte sur lui-même qui se montre le plus dur. Un jeune qui doute de sa valeur n’ose plus. Il préfère se faire oublier plutôt que de se faire remarquer. Il se protège derrière des silences, des « j’m’en fous », ou des refus de faire, autant de stratégies d’évitement. Mais souvent, derrière ce retrait apparent, il y a une peur bien plus profonde : celle de confirmer l’idée qu’il n’est « pas assez ».
Avoir une bonne estime de soi, ce n’est pas se croire meilleur que les autres. C’est se sentir digne d’apprendre, digne d’essayer, digne d’avoir une place dans la classe comme dans la vie.
Et quand cette base est solide, les apprentissages peuvent enfin devenir un terrain d’élan plutôt qu’un champ de tension.
C’est là que le rôle de l’adulte devient essentiel.
Un enfant qui doute de lui a besoin d’un regard extérieur qui ne juge pas, mais qui accueille. Il n’a pas besoin qu’on le pousse plus fort, mais qu’on marche à ses côtés. Souvent, les parents, animés par le désir d’aider leur enfant à surmonter ses difficultés, concentrent leurs efforts sur les devoirs. La maison devient alors le théâtre de tensions, de rappels constants, parfois de luttes pour qu’il se mette au travail.
Pourtant, avant de pouvoir s’engager dans les apprentissages, l’enfant a besoin de retrouver confiance en ses capacités.
Le rôle de l’adulte est alors de reconnaître ses forces, de valoriser ses compétences — même en dehors du cadre scolaire — et de lui offrir des occasions de les faire vivre, que ce soit à travers le bénévolat, des responsabilités à la maison, ou tout autre terrain où il peut se sentir utile et capable.
Un accompagnement bienveillant peut réparer ce que l’école, les autres ou la vie ont parfois égratigné. Car pour s’autoriser à apprendre, à prendre des risques, à faire des erreurs, l’enfant doit d’abord sentir qu’il est accepté tel qu’il est — avec ses forces, ses fragilités, ses contradictions. Le soutien de l’adulte agit alors comme un filet de sécurité. Il permet à l’enfant de s’engager dans les apprentissages non pas par peur de décevoir, mais avec l’envie de grandir.
C’est précisément dans cet esprit que s’inscrit L’Atelier Ikigaï. À travers des projets concrets — comme la création de projets personnels, l’atelier micro-entreprise ou encore le conseil d’Atelier— l’élève est encouragé à devenir acteur de ses apprentissages.
Il ne subit plus, il participe. Il contribue à la vie de groupe, prend des décisions, propose des idées, collabore avec les autres. Dans ce cadre, ses compétences personnelles sont reconnues et valorisées. Il apprend à être autonome, responsable, mais surtout… il découvre qu’il est capable. Chaque effort est remarqué, chaque avis compte, et même les erreurs deviennent des leviers d’apprentissage. Grâce à l’accompagnement bienveillant des adultes, l’élève reprend confiance, retrouve le goût d’apprendre et ose prendre sa place dans le groupe comme dans ses apprentissages. Il se crée aussi de nouvelles amitiés, au-delà du simple rôle de collaborateur.
Lorsqu’elle arrive à l’atelier, elle est persuadée qu’elle n’a pas d’amis parce qu’elle est « toujours trop » : trop spontanée, trop directe. Pour se faire accepter, elle apprend à se taire, à rentrer dans le moule, à cacher sa vraie personnalité — mais ce masque l’épuise. Elle souffre en silence de ne pas pouvoir être elle-même.
À l’atelier, elle découvre un espace où elle peut s’exprimer librement, sans crainte du jugement. Peu à peu, sous un regard bienveillant, elle apprend à mieux se connaître, à assumer sa manière d’être, et surtout, à ne plus en avoir honte. Elle revient à l’école avec davantage de confiance. Il lui arrive encore de se sentir « trop », mais elle a compris qu’elle avait sa place, et qu’elle n’avait plus à s’effacer pour être acceptée.
Quand un jeune se sent écouté, reconnu et soutenu, il peut enfin se libérer de ce qui l’empêche d’apprendre. L’estime de soi n’est pas un luxe éducatif, c’est un levier fondamental. Elle permet à l’enfant de se projeter, d’oser, de persévérer. En investissant dans des espaces où il peut être lui-même, comme l’atelier Ikigaï, on ne travaille pas seulement sur la réussite scolaire — on agit sur le développement global de la personne. Car au fond, c’est en se sentant exister pleinement qu’un élève peut commencer à apprendre vraiment.
L'Atelier Ikigaï - Classe pour enfant HP, dys-, TDA/H, TSA
Grand'Rue 42
1820 Montreux
078 698 77 53
latelierikigai@gmail.com
https://www.latelierikigai.ch/
Un livre très intéressant sur le sujet
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