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Raaaaaange ta chambre!

Devenir autonome

Il ne faut pas avoir peur de faire participer les enfants aux tâches ménagères, et ce dès le plus jeune âge. Loin de les traumatiser, cela leur apprend à devenir responsables et autonomes.

Des tâches invisibles?

À la fois simples et essentielles pour la bonne marche de la maison, elles posent pourtant problème dans beaucoup de familles.

«Les tâches domestiques restent souvent invisibles aux yeux de certains, observe Melody Diana, fondatrice de Ménage Ecologique et de Ma Nanny, à Lausanne. Jusqu’à preuve du contraire, le linge ne revient pas tout seul propre et plié dans l’armoire.»

La mauvaise gestion des tâches ménagères au sein du foyer peut avoir différentes origines. «Les familles que je reçois ont pour la plupart manqué d’anticipation, constate Isabelle Gattlen, coach parental à Moudon. Si les parents n’ont pas habitué les enfants dès le début à apporter leur contribution et ont fait les choses à leur place, il n’est pas étonnant qu’ils refusent plus tard.»

Peur du conflit, manque de patience, niveau d’exigence élevé sont autant d’attitudes qui mènent à une impasse.

«En ne sollicitant pas l’enfant, en l’empêchant d’aider selon ses capacités et son âge, on se tire une balle dans le pied, considère Mme Gattlen. Il est important de lui montrer qu’il appartient à la communauté familiale et qu’il en est un membre actif.»

Sous forme de jeu, les tout-petits sont ravis de faire comme les grands en rangeant leurs jouets, en triant les chaussettes, en ramassant les miettes du goûter sur la table. Cet apprentissage précoce ne veut pas dire qu’en grandissant l’enfant, puis l’ado sera enthousiaste à chaque fois qu’on lui confiera une mission. Mais au moins, le partage des tâches ne sera pas pour lui un concept complètement abstrait, à condition aussi que l’ensemble de la famille s’investisse de manière égale.                                                                                                       

 T’as pas vu… ?

Dans la famille T’as pas vu, sauriez-vous dire qui réclame quoi ? 1) Mon sweat ? 2) Ma chemise ? 3) Mon kimono ? 
Est-ce l’enfant, l’ado ou le mari ?
Difficile de deviner, alors qu’on est à peu près certain que la question s’adresse à la mère ou à l’épouse.

«Celle-ci sait où sont rangées les affaires parce qu’elle a acquis cette compétence au fil du temps, remarque Mme Diana. La meilleure façon de montrer aux enfants que la mère n’est pas la seule à assumer la charge des tâches domestiques, c’est d’avoir déjà une répartition équitable des besognes entre les parents.»

De même que dans une fratrie, il faut veiller à un juste équilibre entre les sexes. «Le risque est que la mère en demande plus à la fille qu’au garçon, note Mme Gattlen. Et reproduise sans s’en rendre compte, les stéréotypes de genre.»

Les petits ruisseaux font les grands fleuves y compris en matière d’éducation et plus on s’y prend tôt, mieux c’est.

«Il y a un grand travail de sensibilisation à faire auprès des jeunes garçons, estime Mme Diana. Pour que la société change, que les rapports homme-femme évoluent, il est indispensable de rectifier le tir.»

Avant d’être à bout et d’avoir l’impression d’être la « boniche » de service, la mère doit réagir, convaincre par le dialogue de préférence. Et garder en tête que le concours de son enfant, de son ado ne doit pas se faire au prix d’une relation dégradée.

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