Notre expert
Thérapie systémique pour la famille

Thérapie systémique, quand il y a un hic
La famille a parfois besoin de faire appel à un thérapeute pour aider chacun de ses membres à surmonter une crise et trouver sa place.
C’est un peu l’effet papillon. Il suffit qu’un seul individu n’aille pas bien pour que tous les autres autour de lui en subissent les effets.

« L’être humain fait partie d’un système avec lequel il est en interaction, rappelle Sandrine Chalet, psychologue FSP, directrice du Centre Art du changement, à Villeneuve, Vaud. Sa famille, son école, ses amis, son travail constituent son environnement et l’influencent. »

Dans une vie de famille, les soucis sont nombreux au quotidien et peuvent enrayer la machine jusqu’à la faire exploser. « Dans 95% des cas, la demande d’aide part d’un problème scolaire, constate Annick Pochet, thérapeute à Genève. Après avoir cherché par eux-mêmes, s’être sentis remis en cause, ils finissent par se tourner vers un professionnel. »

Derrière un problème familial, se cache le plus souvent un manque de communication. « Ça peut concerner une séparation, un deuil, du harcèlement à l’école, précise Mme Chalet. Typiquement, les parents rencontrent des problèmes liés à l’adolescence, sur les questions d’autorité et de limites. »
Petits enfants, petits problèmes, grands enfants, gros problèmes... Dans une époque où l’expression de soi, l’épanouissement remplacent la hiérarchie familiale, les enfants ont tendance à faire la loi et à prendre le pouvoir.
Résultat, les parents ont aujourd’hui de plus en plus de mal à tenir le cap. 

Tous ensemble

La psychothérapie systémique et familiale permet de restaurer des liens abîmés. Née dans les années 50 aux Etats-Unis, elle est l’une des nombreuses formes de la discipline. « Elle est la dernière thérapie à être arrivée sur le marché, observe Mme Chalet. Grâce aux magazines, à l’essor du développement personnel, elle s’est démocratisée et dorénavant on n’hésite plus à consulter. »

Les spécialistes sollicités sont là pour redéfinir des règles de vie communes, mais sans prendre parti pour l’un ou l’autre.
« Quelquefois des parents pensent que je vais convaincre l’enfant d’aller dans leur sens, remarque Mme Pochet. Moi, mon rôle avant tout, est de le faire repartir, quelle que soit la direction. »

Ni pour ni contre, le thérapeute n’est pas là pour désigner un coupable même si certains comportements semblent indiquer qui est à l’origine du problème. Pour que les choses avancent, tout le monde doit pouvoir s’exprimer dans un climat de confiance et de bienveillance sans peur d’être jugé. La thérapie systémique, à la différence d’une psychanalyse ou d’une psychothérapie individuelle, s’attarde d’abord sur le présent.

« On ne va pas nécessairement explorer le passé de chacun, confirme Mme Pochet. Nous sommes là pour traiter une difficulté spécifique à un endroit et à un moment précis de la vie de la famille. »

Jouer les médiateurs est un exercice d’équilibriste, car les repères ont évolué. Désormais, l’enfant est une personne à part entière qu’on écoute dont la parole compte. Dans ces conditions, il n’est pas toujours facile de dessiner les contours de l’autorité, de poser de nouvelles limites à la fois claires, fermes et sécurisantes. Un vrai défi à relever pour les parents qui ne doivent ni avoir peur ni avoir honte de demander conseil. Chercher à remettre de l’ordre en se servant des connaissances et des outils à sa disposition, c’est au contraire se montrer responsable et soucieux de la bonne marche de sa petite troupe.

François Jeand’Heur

Commentaires





Partager:
A lire
Nos partenaires