L'adolescence en colère: contre qui ?

L'adolescence en colère: contre qui ?

Notre expert
Laurent Picault, Expert en thérapie PNL et hypnose Eriksonienne

Notre partenaire maître-praticien, Laurent PICAULT, répond gracieusement à toutes vos questions concernant la santé psychologique de votre enfant ou adolescent dans le cadre de sa scolarité ou non, qu'il soit déscolarisé, démotivé ou en rupture, ou encore en situation de phobie scolaire. Vous pouvez le joindre au 022 534 97 23

Résumé d'une conférence animée par le Dr Nahum Frenck, Pédiatre FMH, Thérapeute de famille

Nous allons réfléchir sur la colère en famille.
Colère vient d’un mot grec qui veut dire La bile: une personne bileuse, qui se fait de la bile n’est pas bien.
Considérons que la colère vient de l’intérieur vers l’extérieur. Ainsi on se place du coté de la personne qui reçoit cette colère et on ouvre toute cette perspective de dialogue contre cette colère.

La colère, phénomène interactionnel
Parlons de cette colère comme élément de dialogue: elle nous invite à réagir sans prendre la répression comme réponse: «calmes-toi», «tais-toi» comme si la personne en face de la colère devait jouer un rôle de modérateur.

La colère qui peut s’exprimer

Ce dialogue avec colère et non-colère est au centre du processus d’autonomie de l’enfant et de l’adolescent.
Dans cette perspective d’autonomie de cet attachement, de ce besoin que l’enfant a des adultes pour le porter, le guide,  va s’installer peu à peu une séparation, un lâcher-prise. Ce n’est pas un lâcher prise unidirectionnel, c’est un lâcher prise des deux parties: de l’adulte et de l’enfant. Comme l’apprentissage pour aller en vélo, il y a un moment où l’un doit lâcher le vélo et l’autre doit rester sur le vélo, sans tomber. Il y a tout un dialogue autour de ce «lâche-moi» La colère sera un des éléments nécessaires pour provoquer cet écartement, cet éloignement, car il est nécessaire de créer des espaces émotionnels entre eux et nous.
Elle peut être une force dynamisante et aider à cet éloignement: avec une maman sur-protectrice, la colère peut-être une action de l’enfant pour mettre de la distance.

Mais chez certains jeunes il peut apparaître des sentiments d’abandon ou de désespoir. Comme si l’écartement trop précoce créait une angoisse d’être seul si tôt. Le lâcher prise doit être réciproque.
   
Avec qui est le dialogue dans la colère? Souvent la colère est contre soi-même et chez les jeunes il y a souvent cette colère contre eux-même.
Dans la communication entre deux personnes, il y a une relation circulaire. Dans cette circularité vont s’inscrire les affrontements miroirs, en escalade-symétrie. « Moi je sais mieux que toi, non moi … » et bien souvent le message initial est perdu entre tous les feed back.


Puis des relations complémentaires: utilisons tes compétences, les miennes, nos différences pour enrichir notre relation. Il faut être différent. C’est très dangereux d’être semblable. Plus on est différent, plus on peut s’enrichir.
Ce n’est qu’en reconnaissant ma propre responsabilité dans la relation que je peux parler de vraie relation à l’Autre.
La colère fait peur et paralyse. Très rapidement toutes les personnes en contact avec cette colère vont tomber dans le désespoir. La colère entraîne la peur et le désespoir. Cette colère est une manifestation d’une certaine souffrance.

Nous sommes très loin de la colère égale méchanceté. Prenons la colère comme un message de détresse, de souffrance: 
Parce que lui pense quelque chose, moi je fais quelque chose pour donner à cette colère un sens qui est différent du méchant.
La réponse au coléreux méchant: va dans ta chambre, tu es privé de dessert
Si on dit colère = détresse: nous changeons la perspective et nous voyons que la colère est un sentiment d’amertume. Et une personne en colère qui souffre est très amère. 

La colère interdite ou la révolte impuissante

Une personne qui doit taire sa colère est une personne qui ne peut pas se révolter.
Exemple: les ados qui ont des parents qui les écrasent.

L’intérieur du jeune est très secoué s’il ne peut exprimer sa colère. Tout se passe à l’intérieur. Et cette accumulation de colère entraînera de la violence. Le jeune passe alors de triste à méchant. Cette violance l’enferme, on le met dans une cage, parce que méchant. Pourtant chez beaucoup d’ados, il y a un être souffrant.

On doit sortir de cette perspective Méchanceté = Prison.
Nous, adultes, n'avons plus le droit de sous-estimer la colère. Qu’il y ait une sanction pour quelqu’un qui commet un délit. Oui. Mais il a commis un délit. Il n’est pas un élément délictueux. Ce n’est pas toute la personne qui est méchante. Il a commis un délit, punissable, …

Cette amertume qui s’accumule au fond de notre être fait qu’on pète les plombs. Quand il y a une famille où tout le monde est connecté, toute la famille sera touchée.
Certains, ayant accumulé cette colère vont essayer de la noyer dans l’alcool, la drogue, le suicide. 

La colère non bruyante

La colère non bruyante mais dangereuse. Celle de la maman dévouée, du papa gentil ou de l’enfant modèle.
Tout le monde les aime car ils font tout pour les autres. En évitant les conflits, ils cultivent une image de garçon sympa.
Il n’y a pas de critique à faire.
Ces personnes, sous couvert de paix et de rondeurs, cachent des sentiments d’amertume et de colère qui ont de grandes répercussions indirectes chez les autres. Elles vont déclencher chez l’autre une certaine colère - des sentiments d’énervement. Ces colères développent des agressivités très destructives car cachées.

Que faire de cette colère?

La transformer en message recevable:  la traduire en termes acceptables et entendu par l’Autre. Pour cela, il faut se sentir reçu par l’Autre.
Souvent, quand une personne en colère lève la voix, elle pense qu’on l’entend mieux si elle crie. Et ça provoque de l’escalade: à un certain moment on ne sait plus qui est l’enfant et le parent. L’un et l’autre s’alimentent.
   

Recette pour fabriquer un enfant colérique!
        (car on ne naît pas coléreux)

L’enfant est co-construit en famille avec le comportement des uns et des autres. Il y a une coresponsabilité familiale.

Des messages pas clairs et ambigus: ils laissent à l’enfant la liberté de les comprendre comme il veut. L’enfant à besoin d’être encadré dans son développement.
Dans la vie familiale le père arrive avec ses repères à lui «Les REPERES », la mère avec ses repères à elle  Les REMERES». Quand il y a les deux au sein d’une famille, les enfants sont un peu perdus et la colère fleurie à tous les coups.
La solution? La construction de «REPEMERES» ! Les parents ont le devoir de se mettre d’accord pour arriver à construire des «REPEMERES»: repères du père et repères de la mère fondus ensemble. L’enfant encadré dans son développement, ne peut alors se glisser entre les REPERES et les REMERES.

Le fait de crier augmente la colère: « moins crier pour mieux se faire entendre » permet de nous aider à baisser tous les niveaux de connections électriques.  

Ne pas confondre «demander la permission aux parents» pour faire quelque chose et les «informer».
C’est à nous de demander à l’enfant de lui faire clarifier s’il demande une permission ou s’il nous informe. De lui faire reformuler sa phrase. Et en fonction de son âge, de répondre dans le bon registre:

  • A 11 ans, un enfant demande la permission de sortir le soir. Il n’informe pas ses parents.
  • A 19 ans, un enfant informe ses parents qu’il va sortir le soir, il ne demande plus la permission.

Facteurs susceptibles de limiter la colère dans une famille

L'indentité: Le besoin d’être reconnu comme une personne unique. Ne pas dire « les enfants à table » mais 1 tel à table, 1 tel à table…Quand on a plusieurs enfants, plus on les traite de manière inégale, plus on est juste. Un enfant de 4 ans ne se couche pas à la même heure qu’un de 6 ans.
L’estime de soi: Il est important de se référer au besoin de se sentir respecté dans sa réalité et la réalité de l’autre peut être très différente de la mienne. Je ne peux entrer en discussion avec l’Autre si, avant, je ne respecte pas sa réalité, même si cette réalité est totalement déraisonnable.
La compréhension: Importance de se sentir reçu avec empathie par l’autre. Entrons dans le système de pensée du jeune, mais pas de façon démagogique. Et ensuite on peut ouvrir le dialogue
Respect du territoire de chacun: Le jeune a besoin de frontières plus ou moins étanches dans sa relation avec les autres autant physiques que psychologiques. Pour être Moi, individu, j’ai besoin d’une peau. La frontière c’est la peau. La peau dans une famille, ce sont les lieux privés de certains .
La communication: Elle implique la possibilité d’un échange significatif. Tout ce que Tu dis m’intéresse et Je veux l’écouter.
Autonomie: Désigne la possibilité de choisir.
La sécurité: Se sentir protégé contre les dangers potentiels. Dans une famille où il n’y a pas de hiérarchie parentale, de parents qui encadrent l’enfant dans sa condition d’enfant afin qu’il puisse être serein, l’enfant est  désécurisé car non protégé contre les dangers éventuels
Rythme: Marque le besoin de ne pas être bousculé par le temps. Nous les pressons beaucoup : dépêches-toi, tu vas rater le bus, tu vas manquer de sommeil…Or toutes les guerres qui se font autour du temps sont plus des guerres qui se font autour de l’autorité qu’autour du temps, car 15 mn de plus ou de moins dans une journée ne fait pas de différence.. 
Confort: bien-être physique et psychique: les parents doivent être à l’aise dans leur rôle de parent.
Il faut faire des SAS entre le travail et la maison et favoriser le bien être dans la maison.

Questions

Territoires : comment ça se passe quand les deux enfants partagent la même chambre?
Les parents ne peuvent rien faire. Ils ont déjà déterminé leur territoire. Mais attention à leur hiérarchie personnelle. Dans notre envie d’être juste et équitable, nous risquons de faire plus de dégâts.

La sécurité. Peine à faire la part des choses entre la sécurité du jeune et ma crainte de mère. 
Il faut le lui dire. Lui dire qu’on est d’accord qu’il fasse tout ce qu’il veut, pour autant qu’il vous rassure. Mais au moment où on est rassuré il faut dire oui. Et à ce moment-là, il se sentira écouté dans son envie, car ils ont envie de cascades et ils ne voient pas les dangers. Mais nous avons le droit, en tant que parent, d’être rassuré. Il faut lui dire : je t’aime, et j’ai peur de ce que tu vas faire. Rassures-moi, et je n’aurai plus peur. Si je me fichais de toi, je n’aurais pas peur. Pourquoi ton désir de danger doit-il passer avant mon désir de maman d’être rassuré ?

Mon enfant ne se met jamais en colère. Elle me nargue. Comment faire pour qu’elle sorte sa colère ?
Il faut le lui dire. Cette façon de communiquer ne me plaît pas. Changes-en. L’idée est de remplacer ce dialogue-là par quelque chose d’agréable à vivre pour les deux.

L’expression de la colère. Jusqu’où le laisser aller dans sa colère ?
Jusqu’à ce qu’elle ne soit plus recevable par vous. Il faut donc intervenir quand il n’est pas en colère. Quand l’enfant est calme on peut travailler avec lui sur sa colère. On demande trop peu d’aide à son enfant. Il faut lui demander de nous aider à le comprendre.

Commentaires





Grand mère
21.09.2019 05:06

Mon petit fils de 14 ans est colérique, ses parents sont séparés, et ne s entendent pas sur son éducation. Chez sa mère presque tout est permis. Elle lui achète des cadeaux pour le consoler de lui avoir dit d.es bêtises lorsqu' elle est en boisson. Chez son père et sa conjointe, il est encadré, mais peut-être un peu trop. Exemple, moi je ne ferais pas de remarque sur sa coupe de cheveux, je trouve ça secondaire. Et même s il sauverait un soir sa douche, c est pas la fin du monde il me semble. Ce soir il a détruit son propre cellulaire, car ça n a pas bien été à l école, et pour ça, son père lui a dit de rentrer plus tôt. C est là qu'il a brisé son cellulaire. Mais même au primaire il fesait des colères et se fesait mettre dehors
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Christian
15.08.2018 20:59

mon enfant agee de 15 ans se met toujours en colère pour n,' importe quoi ? et il prononce des mauvaises termes
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