Devenir parent, rester un couple

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Devenir parent, rester un couple

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Résumé d'une conférence animée par le Dr Nahum Frenck, Pédiatre FMH, Thérapeute de famille

Je préfère l’intitulé devenir un couple et rester parents car cet intitulé se situe mieux dans le cycle de vie d’une famille. Dans ce cycle lui et elle se rencontrent, se fréquentent, se marient, ont des enfants qu’ils élèvent et qui ensuite partent de la maison. Puis ce sont les parents qui partent à la retraite et ensuite nous arrivons à la fin du cycle de vie vers la mort de l’un puis de l’autre.
Ce cycle est très classique et devient de plus en plus rare car maintenant les familles sont devenues très créatives !
Lorsque deux personnes se rencontrent, la vie de couple qui en résulte est ensuite ponctuée de moments, de tournants importants dans la vie. Ces crises évolutives de la vie de famille que sont le mariage, la naissance d’un bébé,…permettent d’aller plus loin.

La crise => danger => action

C’est la naissance du premier bébé qui donne naissance au couple parental. Il se forme avec deux personnes issues de deux familles différentes.
Pour se préserver, il doit se construire avec des frontières.
Le couple « Nous = toi + moi » doit forger une identité de couple, préserver son autonomie, créer et construire son propre futur..
Le « nous » permet de contenir le couple dans le sens de contenant.

Construction des frontières : Il y a toute une série de taches que chacun des membres du couple doit faire pour lui-même et pour ce couple :
Chacun doit se séparer de sa famille d’origine: 1 petit arbre ne peut pousser à coté d’un grand arbre. Il meurt.

Il doit y avoir une adaptation complémentaire des époux, libre de l’ingérence des beaux-parents: Chacun a affaire à ses propres parents, s’occupe, met de la distance avec ses propres parents. Attention à celui qui croise la ligne vers les beaux-parents

Rencontre de chacun avec le monde extra-familial : les décisions qui sont prises le sont d’un commun accord, dans le couple, mais pas par rapport à l’extérieur : je suis d’accord que tu fasse ceci ou cela, et si ta mère le voit tant pis, nous sommes deux à assumer. Et non pas, moi personnellement je veux bien, mais si ta mère te voit que va-t-elle penser donc il vaut mieux que tu ne le fasse pas !

Les relations avec la famille d’origine :
L’enracinement dans la famille d’origine existe :
il faut le « quittancer» : Il y a un lien avec l’un des membres du couple et avec les enfants du couple.
Les grands parents ont un rôle, une position à jouer. Mais l’origine d’un des membres du couple ne veut pas dire l’avenir du couple !
Il peut y a des relations problématiques avec la famille d’origine quand il y a:
Sur-implication, enchevêtrement des générations (ex: le monde paysan : plusieurs générations qui vivent dans une seule ferme) ou que les relations sont très superficielles

Les parents: La coupure émotionnelle :
Provoquée par moi car je leur en veut de quelque chose :
je coupe émotionnellement avec eux, je ne les voit plus, ils m’indiffèrent. C’est une pseudo vraie indépendance. La famille d’origine est toujours là. Cette réalité existe et cette coupure émotionnelle m’empêche de prendre mon autonomie.
Provoquée par moi aussi car il y a un problème de fusion non résolue : La distance doit s’établir, il peut être nécessaire de vivre ailleurs, loin pour que la fusion soit coupée. Mais cet éloignement reflète, résout mais créé un problème.

Couple parental/couple conjugal
Lorsqu’on se marie on crée le couple conjugal, quand on devient parent il y a la création du couple parental. On passe de conjoint à co-parent. Comment préserver çà ?
Que se passe-t-il dans le couple conjoint ?
Les espaces couples : L’espace de liberté :
C’est l’espace de liberté que je m’accorde, c’est l’espace de liberté que l’autre m’accorde, c’est l’espace de liberté que l’autre s’accorde, c’est l’espace de liberté que j’accorde à l’autre.
De ceci résulte toute une série de négociations qui se font entre le couple. Des négociations tacites qui se passent pendant qu’on est en train de construire les frontières du couple
Dans le couple il y a 3 personnes: Je, Tu et Nous, plus c’est clair dans l’esprit du couple conjugal, mieux ce sera ressenti par les enfants.
On ne peut construire ce « nous » s’il n’y a pas un Toi et un Moi.
Ce « Nous» conjugal est important pour que l’enfant ait une autonomie. A un moment le nouveau couple sera regardé par la famille d’origine. Il y aura acceptation ou non du greffon.
Il y a parfois de la difficulté à prendre de la distance avec la famille d’origine. Cette relation avec la famille entraîne un rapport de filiation et un rapport d’appartenance.
Le couple décide de faire un bébé :Il y a une intégration de l’enfant dans l’unité familiale s’il y a de l’espace pour lui (on ne fait pas un bébé parce qu’on veut créer un vide)

Le développement du rôle parental en plus du rôle conjugal entraîne un équilibre à trouver:
Les différents rôles doivent être bien équilibrés: pas de surinvestissement du rôle parental d’un coté (mère ou père) et fonctionnement de l’un ou de l’autre qu’en rôle conjugal. De la même façon, il faut maintenir le rapport conjugal et ne pas s’endormir dans le seul rôle parental.
Lui avec ses caractéristiques de père et elle avec ses caractéristiques de mère vont coopérer pour élever l’enfant. Il y a un cheminement de l’un et de l’autre pour encadrer l’enfant

Il doit aussi y avoir investissent des nouveaux rôles par les membres de la famille élargie.
Les grands-parents doivent également jouer leur rôle de grands-parents. Ce qui permettra à la nouvelle famille de devenir autonome.
Les pièges de langage : Comment parle-t-on ? Dans la construction des phrases réside la construction du problème : attention à la phrase de Mr disant à Mme : Maman quand est-ce qu’on passe à table ?
Il est aussi important d’opérer une distinction entre le lit des parents où on peut aller le dimanche matin et le lit conjugal où il est strictement interdit d’aller.

Le schéma de jeux circulaire :
Je fais les choses car l’autre fait telle ou telle chose.
La mère est entièrement centrée sur le bébé. Le père pense alors : je n’ai plus de place ici:sentiment d’inutilité et il se réfugie dans le travail. La mère pense alors : il a tellement de travail que je m’occupe du bébé pour qu’il ne le dérange pas. Elle est heureuse de se sentir utile et se centre entièrement sur le bébé… : quand les deux changent on peut faire des choses différentes.
Il faut aussi se demander quelle est la place de chaque rôle : Moi père, Moi fils de, Moi époux, Moi dans sa vie. Est-ce qu’il y a une partie qui est plus importante que les autres ?
Il faut bien distinguer entre le rôle parental et le rôle conjugal afin que l’enfant s’y retrouve bien.

Questions


Comment sortir sainement de la « coupure émotionnelle » ?
Comment renouer sans perdre la face ? Sous une autre modalité. : je ne suis plus le petit garçon ou la petite fille mais un homme qui a des enfants et je te présente tes petits enfants.

Comment sortir sainement de cette coupure émotionnelle quand il y a eu abus sexuel ?
C’est impardonnable. On ne peut mettre ses enfants en face de son abuseur, surtout si le problème n’est toujours pas réglé. Mais on peut le mettre en face de la photo du grand-père : je lui dois la vie, donc je mets la photo. Pas plus.

Lit conjugal différent du lit parental:
La petite fille apprend à être femme avec sa mère. On a le droit d’être dans son lit avec son mari. Ce n’est pas un rejet, elle n’a pas à être là. Il faut mettre de la distance, créer un espace entre moi et mon enfant. Ne pas interpréter ses rêves à elle, elle a le droit d’avoir ses rêves. On peut commencer par mettre l’enfant en dehors de la chambre, avec une barrière, à la porte de la chambre des parents. Puis elle peut aller dans sa chambre avec un fil de laine : la maman tient à un bout, la petite fille à l’autre bout. Et elle peut ainsi s’éloigner avec le bout de laine.
on doit se demander ce qu’on veut vivre : est-ce qu’on choisi jusqu’où on donne ? Que se passe-t-il quand je dois donner et que je ne veux pas donner ?

Accorder ses violons ?
Est-ce que ça veut dire qu’on doit toujours être d’accord ? Non. L’enfant doit savoir qu’on est pas d’accord mais qu’on est d’accord pour se mettre d’accord
 

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