Management familial: "C'est qui le chef ici?"

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Management familial: "C'est qui le chef ici?"

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Résumé d'une conférence du Dr Nahum Frenck, Pédiatre FMH, Thérapeute de famille - Ecole des Parents de Lausanne

Aujourd’hui, dans la physiologie de la famille, il y a beaucoup de problématiques qui viennent du fait que les gens ne sont pas à leur place.
Titre : C’est qui le chef ici.
Qui, c’est celui qui commande, Ici correspond à la famille
Quand il y a un bateau, il doit y avoir un capitaine qui choisit la direction. Mais pour devenir « Chef » il y a des pièges à éviter et si certains sont « chef » dans le discours, d’autres le sont dans les faits :
Parfois le parent peut penser que son enfant le respecte alors qu’en fait l’enfant a peur de lui. Il y a donc une confusion entre la peur-crainte et le respect.

La hiérarchie : C’est l’ordre, l’organisation d’un groupe pour arriver à créer différents étages : L’étage qui encadre, qui définit qui est responsable de quoi et qui fait quoi. Attention à ne pas confondre la hiérarchie de commandement avec la hiérarchie de compétence.

  • Hiérarchie de commandement : c’est celle qui s'installe quand l’autorité est nommée et elle doit avoir des signes distinctifs: ceux qui ont le plus de galons commandent ceux qui ont moins de galons.
  • Hiérarchie de compétence: Celui qui commande est celui qui est le plus compétent pour le faire. une chose

Quelle est la hiérarchie qu’on utilise chez soi ?

Dans la famille, la hiérarchie de compétence devrait être celle qu’on utilise le plus : je suis parent, donc responsable et donc je suis compétent pour encadrer mes enfants.
Pourtant, beaucoup de parents se sentent incompétents, se sentent défaillants et en même temps ne se sentent pas reconnus comme compétents par leurs propres parents: beaucoup de grands-parents ne jouent pas leur rôle comme il le faudrait: ils ne valident pas leurs propres enfants dans leur rôle de « parent de leur enfant ».


Et c’est si vrai que bien souvent, quand on pose la question à une maman : « quelle note votre propre Maman vous donnerait-elle en tant que Maman de votre enfant ? », la jeune femme imagine que sa mère lui donnerait une mauvaise note !

  • Hiérarchie de compétence: Elle est encadrante : c’est le cadre dans lequel moi à ma place, toi à la tienne, nous pouvons discuter. Attention, ce n’est pas une discussion d’égal à égal car une famille n’est pas une démocratie. Nos enfants ne nous ont pas élu.
    Elle donne naissance à un pouvoir constructif. Les enfants ayant besoin de se construire, on a tout intérêt à utiliser cette hiérarchie.
    Les parents utilisent de temps à autre l’une ou l’autre de ces hiérarchies. De temps en temps, on a besoin de hiérarchie de commandement : application de mesures de sécurité au jeune enfant: pas de doigt dans les prises de courant…et à d’autres moments, c’est la hiérarchie de comportement qui est utilisée.
  • Hiérarchie de commandement: elle peut générer un pouvoir répressif.

Le pouvoir parental : c’est le pouvoir que les parents ont sur leurs enfants

  • Pouvoir répressif: Il est passionné, souvent injuste, fréquemment violent: c’est un pouvoir écrasant, sur quelqu’un et contre quelqu’un. Dans le cadre de ce pouvoir il faut faire attention au choix des mots car c’est un pouvoir qui utilise beaucoup de métaphores: désamorcer une situation, casser une situation…sont des images belliqueuses et ne peuvent que générer un contrepouvoir et donc une escalade.
  • Pouvoir constructif: il aide à comprendre. C’est un pouvoir « empower »: il transfert le pouvoir du parent vers l’enfant, au fur et à mesure que l’enfant grandi. C’est un pouvoir qui aide à grandir et qui rassure: l’enfant est à sa place d’enfant et c’est le chef qui pilote, qui construit la confiance: c’est un pouvoir pour quelqu’un et avec quelqu’un pour qu’il puisse grandir, décoder et déchiffrer le monde. 
    Attention au choix des mots qui va définir la qualité de la relation: si je n’estime pas mon enfant je ne peux construire une relation constructive avec lui.
    Ce positionnement de l’enfant dans le pouvoir constructif ne permet pas de dire que tout est permis. Avec ce pouvoir, on peut aussi parler de compétence: « u ne peux faire ceci car tu n’es pas compétent pour le faire ». Beaucoup de parents ont beaucoup de mal à dire «non» à leurs enfants, sans se rendre compte que le «oui» n’a pas de sens s’il n’y a pas de « non ».

L’enfant :

Il a le droit d’être à sa place et non pas le devoir. Il n’est pas au même niveau que les parents. On voit beaucoup d’enfants qui ne sont pas à leur place, qui sont mis au même niveau que les parents et parfois même au-dessus d’eux. Ils sont «parentifiés» ou peuvent même devenir le parent de son parent.
Par exemple lorsqu’un enfant dit: « Papa, tu travailles trop ! » ce n’est pas à lui de dire cela. Si on le laisse faire il peut vite devenir un enfant « cémentite » : par la rupture de la hiérarchie, ils vont monter dans cette hiérarchie et collaborer à ce que le couple marche : il ne joue plus son rôle d’enfant.
C’est l’exemple de l’enfant qui présente des troubles du sommeil ou qui ne veut pas se coucher et qui revient au salon jusqu’à 10h le soir : A ce moment là, ses parents sont d’accords tous les deux pour jouer leur rôle de parent en disant : « que fais-tu là à cette heure là ? »

L’autorité: Il y a l’autorité de compétence qui est celle du maître d’école, du sage et l’autorité de commandement qui est l’autorité de celui qui a la force ou qui représente une force. Mais en ce qui concerne les enfants il y a 3 formes d’autorités :

  • L’autorité de compétence dans le domaine pédagogique et éducatif: celle du maître d’école: le parent apprend à l’enfant.
  • L’autorité de commandement, à utiliser le moins possible, celle du maître du pouvoir : « le pompier de l’éducation »

L’autorité de compétence dans le domaine affectif et éducative: c’est le parent, maître du développement de son enfant.
Ces 3 formes d’autorités nous montrent quelle est la place des adultes autour de l’enfant. Dans «Qui est le chef ici», on parle de la maison, de la famille, mais on ne peut oublier ce qui se passe à l’école. Si les parents et les enseignants peuvent avoir une complémentarité de compétence, car ils n’ont pas la même autorité, peuvent mettre côte à côte leur deux compétences, tout ira très bien pour l’enfant : l’encadrement est cohérent. Or, souvent, il y a l’existence d’une relation de pouvoir malsain (parfois générée par la peur) qui ne permet pas d’avoir cet encadrement.

Convergence d’éducation :

Souvent les parents ne sont pas d’accord entre eux sur l’éducation d’où un dysfonctionnement entre les parents:
Beaucoup de personnes, ayant vécu des choses difficiles en famille, font exactement le contraire de ce qu’elles ont reçus pour ne pas reproduire sur leur enfant ce qu’elles ont souffert : elles passent alors d’un extrême à l’autre. Alors qu’il faudrait s’approprier son éducation, dire: avec mon caractère, ma femme et mes enfants, je prends ce que j’ai reçu et je l’adapte à ma vie pour faire une nouvelle éducation avec ma propre créativité.
Si on n’est pas le chef de nos enfants, c’est eux qui le deviennent à notre place, mais sans compétence. Certains parents rampent devant leurs enfants. Ils sont tyrannisés car les enfants ont pris le pouvoir.
Les parents devraient avoir une convergence d’éducation : si le pilote et le coi-pilote se critiquent?baisse du pouvoir de compétence et les enfants prennent le pouvoir.
Quand l’enfant prend le pouvoir, il ne se rassure pas, il est pris de panique, s’angoisse et peut manquer de sommeil car il a trop de responsabilité, et qu’il n’y a plus de hiérarchie dans le management familial.
Il y a la nécessité d’un accord familial sur une certaine façon de fonctionner. Et lorsqu’il y a un dysfonctionnement, il faut changer la façon de fonctionner afin que la dynamique puisse changer : faire toujours la même chose ou faire plus de la même chose envenime la situation. Par exemple, si un père sévère qui dysfonctionne avec son fils reste dans sa sévérité ou l’augmente afin de stopper le dysfonctionnement, il ne fera qu’envenimer les choses. Il faut trouver une autre façon de fonctionner qui vienne de tous les membres de la famille. On arrête de fonctionner de telle manière pour fonctionner d’une autre façon.
L’idéal est un co-gouvernement du père et de la mère.
Si le père ne se limite qu’à punir c’est très désagréable pour lui. Quand la mère se diminue par rapport au père, l’enfant le sent, il voir cette hiérarchie s’établir et reproduira son comportement.

La culpabilité :

Piège de l’autorité de compétence qui fait qu’on passe plus loin le problème :
Le père de famille, se sentant coupable de punir, pense différentes choses :
« Mon père était très rigide et je ne veux pas être comme lui, aussi plutôt que de dire non car j’ai peur que mon enfant m’aime moins, je lui dit de voir ça avec sa mère. »
La hiérarchie n’est pas respectée. Et l’enfant a besoin d’être sanctionné, s’il le doit. La culpabilité a à voir avec la compétence. Si je suis convaincue de ce que je fais, je me sens moins coupable.

Les limites :

Quand on donne des points de repères à l’enfant on évite les luttes de pouvoir, on lui donne des compétences pour se conduire. Un point de repère est plus utile qu’une limite qu’on donne.
Les règles: elles doivent être claires, constantes, cohérentes et conséquentes: pas besoin de dureté, on peut dire les choses gentiment mais fermement. La hiérarchie doit être : simple, claire et limpide.


Questions

1) Mon enfant de 2 ans et demi crise sans arrêt et je ne sais plus que faire pour le sanctionner.
La mère ne fait plus face, elle est désespérée. Quelle est la mise en scène que cette famille a mis en place pour que l’enfant ait pris le pouvoir ? Il faut agir plutôt que parler. Et à 2,5 ans, l’enfant ne comprend pas toujours très bien quand on lui parle. Agir veut dire:dire et signifier les choses de façon claire

2) Qu’est ce qu’un enfant «cémentite» ? C’est un enfant qui se donne pour mission de coller ses parents, de les faire fonctionner comme un couple: ils doivent fonctionner en tant que parents, ensemble grâce à son pouvoir à lui

3) La punition : est-ce que l’enfant nous aime moins si on le punit ?
Quand on puni en aimant l’enfant, l’enfant le sait, il le voit dans nos yeux. On puni de façon différente si on n’aime pas.

 

Le résumé de cette conférence a été fait par Isabelle Henzi de Boissoudy
de l’association VaudFamille.

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