Respect de soi, respect des autres

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Respect de soi, respect des autres

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Respect de soi, respect des autres
Animée par le Dr N. Frenck, pédiatre FMH, thérapeute de famille.

Résumé d'une conférence de l'Ecole des Parents de Lausanne


Dans quoi s’inscrit ce respect ?
L’autre ne peut me respecter si je ne me respecte pas moi-même. Qui suis-je ? Qui est l’autre ?

«Avec la conception et la naissance, les parents n’ont pas seulement donné la vie à leur enfant, ils les ont introduits dans ce monde. En les éduquant, ils assument la responsabilité de la vie et du développement de l’enfant, mais aussi celle de la continuité du monde» Hannah Arendt, la crise dans la culture.

L’enfant a besoin d’être protégé et soigné pour éviter que le monde puisse le détruire. Mais nous, parents, avons la responsabilité de ce monde qui a aussi besoin de protection contre la vague de nouveaux venus (les enfants) qui déferlent sur lui à chaque nouvelle génération et qui peut le détruire.
L’enfant est un autre identique à moi, il est un autre humain mais différent de moi car il est enfant et moi adulte.

Déclaration des droits de l’enfant :

  • La première(1924) met l’accent sur le devoir de l’adulte et la protection physique et morale des enfants.
  • La deuxième (1959) met l’accent sur les droits-créances permettant à l’enfant de se développer de façon saine et normale : droit à un nom, accès à la santé et la à protection des adultes qui le protègent.
  • La troisième (1989) met l’accent les droits-liberté: l’enfant est un homme donc tous les droits de l’homme valent aussi pour l’enfant! Ainsi, le mineur, dont l’immaturité physique et intellectuelle fonde la protection à laquelle il a droit, paraît maintenant pouvoir être considéré comme assez mûr pour bénéficier des libertés d’opinion, de pensée de conscience ou d’association. Or, considérer l’enfant comme une minorité opprimée est mal le traiter.
    Cette position de l’enfant avec ce statut de semblable n’est pas bonne: la relation éducative se fonde sur une position supérieure de l’éducateur par rapport à celui qui est éduqué, l’enfant. Il doit être à sa place d’enfant et le parent a sa place d’adulte. Je suis responsable du développement de mon enfant.

L’autorité:
L’autorité de l’adulte se fonde sur son rôle de responsable du monde. Il existe deux types d’autorité :

  • L’autorité de commandement: développe un pouvoir répressif : Passionné, injuste (on pète les plombs, on crie…), fréquemment violent, c’est un pouvoir contre…et sur quelqu’un.
  • L’autorité de compétence: développe un pouvoir constructif à employer dans la famille.
    Ce pouvoir:
    • aide à comprendre
    • c’est un pouvoir «empower »: capacité de donner de l’autonomie à l’enfant au fur et à mesure de sa croissance.
    • rassure : c’est un pouvoir pour et avec quelqu’un
    • construit la confiance et qui permet de contribuer à ce que l’enfant puisse grandir tranquille.

Hiérarchie structurelle:
Les parents ne sont pas toujours d’accord entre eux sur l’éducation à donner à leurs enfants, ce qui est très nocif dans le fonctionnement de la famille car il y a une rupture dans le fonctionnement de la hiérarchie. Ce qui fait la richesse d’une famille c’est d’être différent et de n’être jamais parfait, mais en tant que parents nous avons le devoir de se mettre d’accord: il doit y avoir cohésion et nécessité de créer une coparentalité pour établir la hiérarchie afin de pouvoir exercer ce pouvoir de compétence.
Théorie de l’encadrement: l’enfant grandit dans un cadre qui doit évoluer avec lui : le cadre n’est pas un étau et l’enfant doit avoir de la place pour pouvoir évoluer au sein de ce cadre. De même, le cadre doit grandir avec l’enfant pour ne pas l’étouffer.

Autorité de compétence:  magistère
Autorité d’encadrement: partenariat : enseignants, parents et adultes dans la rue
Autorité de commandement: dominus

Politique familiale :
La culture démocratique est une culture d’égalité: elle conduit à penser l’autre sous le registre du «même»: même liberté, même droits, même respects, même liberté….Sous prétexte de démocratie, il y a égalisation.
La différence générationnelle ne peut et ne doit être reconnue que sur fond d’identité partagée.
Mais un enfant n’est pas un adulte, un enfant est un enfant et le respecter c’est le traiter en tant qu’enfant. Traiter un enfant de 10 ans comme un enfant de 16 ans c’est le maltraiter.

Le respect :
Sentiment qui porte à accorder à quelqu’un considération en raison de la valeur qu’on lui reconnaît et à se conduire envers lui avec réserve et retenue : égard, déférence, considération, estime, tenir compte de …mots qui sont malheureusement très peu utilisés actuellement. Si on manque de respect envers son père ou envers sa mère, on en manque pour tout le monde.
Actuellement on assiste à une juridicisation des relations familiales : J’ai le droit, tu n’as pas le droit…ce qui fausse les relations familiales.
La sollicitude: sentiment de respect que nous éprouvons envers autrui, y compris en l’absence ce toute revendication de sa part au nom d’un quelconque droit.
Eprouve-t on du respect ou de la soumission envers son père, son enseignant ? Si c’est de la crainte quel est l’effet ? Si c’est du respect quel est l’effet ?

Déparentalisation :
Les parents ont la possibilité de construire leur coparentalité et d’être les parents qu’ils veulent être. On ne peut exercer un rôle qu’on ne veut pas jouer car alors le respect ne peut avoir lieu.
Bien souvent ce sont les enfants qui ont pris le commandement dans la famille : les parents y arrivent à sacrifier leur vie de couple et conjugale. Quand le parent doit se mettre en colère pour que l’enfant obéisse, le parent ne se respecte pas.
On doit dire : je suis offensée, je suis triste, je suis déçue…mais ces sentiments sont transformés en colère et en violence

Bibliographie :
Maurice Nanchen : Ce qui fait grandir l’enfant
Hannah Arendt : Crise de la culture
Alain Renaut :
- la fin de l’autorité
- la libération des enfants
Nahum Freck : Familles jamais tranquilles

Questions :
1. Ce n’est pas très facile d’élever ses enfants dans la société d’aujourd’hui.
Il faut trouver une issue possible. Les parents doivent savoir ce qu’ils veulent. La société c’est nous, le monde c’est nous. Il faut se positionner par rapport aux choses. Aller dans les associations de parents d’élèves, à l’Ecole des parents, aux cafés de parents. Il ne faut pas rester seul mais communiquer avec les autres, fréquenter les groupes d’entraide, en créer dans son quartier.

2. Est-ce qu’avant les parents souffraient autant ?
Non je n’ai pas l’impression. Je pense que les parents souffrent beaucoup plus aujourd’hui car il y a beaucoup d’isolement, trop d’individualisme.

3.  C'est très dur pour les parents d’être parfaits :
La richesse d’une famille c’est de n’être jamais parfait, mais les parents ont le devoir de se mettre d’accord.
Cette mise ok est aussi un modèle pour l’enfant dans la négociation avec un autre égal: quand il voit qu’avec quelqu’un  d’égal ont peut négocier, l’enfant sera plus à même de négocier avec ses pairs

4. Comment savoir si ce qu’on fait est bien ou non avec ses enfants ? Dans le monde professionnel on est bien diriger et évalué. Dans la vie de parent c’est très difficile.
Ce qui est important c’est ce que je pense moi de ce que moi je fais en tant que Maman.
Quelle place est-ce que je donne à mon appréciation personnelle ?
Suis-je satisfaite de ce que je fais ?
Très peu de personne ont un dialogue avec elle- même.
Quelle maman est-ce que je veux être ? Est ce que je me donne les moyens d’être la maman que je veux être. Souvent il y a trop de pression de la famille pour qu’on soit telle ou telle personne.

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L’Association "Face à Face" travaille sur la prévention et le traitement psycho-éducatif des femmes et des adolescent-e-s ayant des comportements violents, ainsi que des familles à transactions violentes, afin d’enrayer le cycle répétitif de la violence.
Elle propose également des formations et des supervisions pour les structures ou les individus qui le souhaitent.
La violence est un ensemble de comportements, de paroles ou de gestes agressifs, brusques
et répétés contre soi ou à l’intérieur d’une relation de couple, de famille ou de travail.
Cette violence peut être physique, psychologique, économique ou verbale.

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