Partager:

Découverte de la maltraitance

Notre expert

Olivier Chatelain, aide éducative et guidance parentale

Notre partenaire Olivier Chatelain, répond gratuitement aux questions que vous vous posez concernant l'éducation de vos enfants.
Comment éviter les crises au magasin? Les conflits à répétition avec les frères et sœurs? Comment gérer la période du non? La violence ...

Tout commence bien sûr par la connaissance qu’a une tierce personne de faits tombant sous le coup de la loi sur la protection de la jeunesse,  du code civil, ou du code pénal, et qui sont potentiellement d’une certaine importance.


La maltraitance «ordinaire», gifles, coups divers est hélas fréquente. Si elle est inutile du point de vue éducatif, elle ne témoigne pas forcément d’une situation fortement dégradée dans la famille, la perte de maîtrise d’un adulte pouvant être occasionnelle et unique.
Néanmoins le «droit de correction» tel qu’il est défini dans le code civil suisse ne peut justifier des coups, ou des actes plus graves, dans la mesure où une correction peut être exercée différemment, par exemple en privant l’enfant, en proportion de sa «désobéissance», de quelque chose d’agréable, télévision, sortie, éventuellement cadeau. Bien entendu, rien ne doit toucher les besoins fondamentaux de l’enfant, tels que les soins ordinaires, et même l’affection qu’on lui doit !

Le point de départ de la découverte de la maltraitance est variable.

Cela peut être la constatation de traces de coups, situation la plus simple, mais aussi une modification sensible du comportement de l’enfant (voir la liste des symptômes dans le rapport fédéral  "Violences et négligences envers les enfants et les jeunes" - 27.06.2012 ), soit une confidence qu’il vous fait. Précisons que la confidence de l’enfant n’est pas nécessaire pour intervenir, pour des personnes formées dans ce domaine, qui ont une expérience suffisante; des soupçons basés sur certains symptômes sont suffisants.
Le risque de se tromper étant assez grand si l’on n’est pas habitué à ces problèmes, nous proposons toujours de ne pas rester seul avec une situation de maltraitance et de la discuter avec des professionnels compétents.
Toute maltraitance est d’abord une relation de pouvoir, le plus souvent violente, même si elle s’exerce par séduction.

Le recueil de la confidence

En cas de confidence d’un enfant, il n’est pas nécessaire, ni même souhaitable de «faire une enquête» ; celle-ci est réservée strictement aux autorités. Il suffit que les faits révélés paraissent dignes d’intérêt, crédibles dans la manière dont ils sont racontés même si certains éléments ne sont pas tous éclaircis ou logiquement décrits, et que ce qui vous est raconté puisse faire soupçonner des mauvais traitements. Si l’erreur d’appréciation peut être dommageable, par une perception excessive d’un danger pour l’enfant ou de la gravité des mauvais traitements subis, intervenir dans une situation de mauvais traitement se révèle dans l’immense majorité des cas efficace.
Dans ces circonstances délicates, il convient donc d’adopter une stratégie basée sur le respect de l’enfant.
Au moment du dévoilement d’une maltraitance, l'enfant a besoin de rencontrer une attitude cohérente et sans ambiguïté de la part des adultes. Il a besoin que tous les adultes qu'il rencontre gardent leur calme et lui disent:

  • qu’ils le croient
  • qu'il a eu raison de parler et de chercher de l'aide
  • que l'adulte maltraitant n'avait pas le droit de faire ce qu'il a fait
  • que c'est interdit par la loi, qui protège l'intégrité du corps des enfants, et les frontières entre les générations
  • que c'est pour l'acte commis que l'adulte sera peut- être puni, et non parce qu'il est méchant ou monstrueux
  • que beaucoup d'autres enfants sont maltraités et qu'il n'est pas le seul
  • qu'il n'est pas responsable des événements qui arrivent

Chacun des ces points est extrêmement important pour obtenir des confidences aussi proches que possible du souvenir de ce qu’a vécu l’enfant, de la manière aussi peu traumatisante possible, avec le minimum de culpabilité de sa part.

En effet, l’enfant qui révèle un mauvais traitement doit formellement, de manière directe ou non, accuser un adulte, souvent l’un de ses parents (par ex. 90% des abus sexuels sont intrafamiliaux). Cela est pour lui difficile, parce que la personne qu’il accuse est souvent respectée et aimée pour d’autres motifs. Il se sentira immanquablement plus ou moins coupable de cette rupture de loyauté, et il convient impérativement d’en minimiser les effets.

Si les mauvais traitements ont duré longtemps, l’enfant peut avoir acquis une perception déformée des rapports entre enfants et adultes, jusqu’à inclure des actes «violents» comme preuve d’intérêt ou d’affection de l’adulte. Il peut aussi penser que ce mode relationnel est habituel dans les familles, et qu’il n’a pas trop de raisons de se plaindre. Il faut donc aussi commencer par corriger cette perception erronée, et rétablir la réalité de ce qui est normal et ce qui ne l’est pas, et de ce qui est permis et de ce qui ne l’est pas.

L’enfant peut aussi s’accuser d’être «l’origine» du comportement délictueux, ayant «provoqué» l’adulte, qui a répondu à cela. Il convient de dire à l’enfant que c’est à l’adulte se contrôler, parce que l’adulte sait très bien ce qui est permis et ne l’est pas, et que son âge plus avancé lui impose de se comporter correctement.

Que l’adulte confident soit un professionnel ou non, le premier acte à poser pour prendre connaissance d’un mauvais traitement chez un enfant est d’entendre l’enfant.


Point capital: il ne faut jamais «promettre» à l’enfant que ce qu’il vous a dit ne sera pas transmis plus loin.

Même si le souci compréhensible de l’enfant est d’éviter que lui-même ou l’auteur des mauvais traitements ne subisse des conséquences désagréables de sa confidence, vous ne pourrez l’aider que si vous agissez en sa faveur, et donc que vous utilisiez ce qu’il a dit, ne serait-ce que pour discuter avec l’auteur de la maltraitance si elle est relativement bénigne. Promettre d’abord pour acquiescer au désir de l’enfant et ensuite prendre des mesures en sa faveur vous mettrait dans une situation de mensonge à son égard, ou alors vous lierait à votre promesse et vous empêcherait de faire ce qu’il faut. Il faut donc conclure l’entretien avec l’enfant en disant que vous allez réfléchir (si cela est nécessaire), en parler à des personnes plus compétentes, que vous déciderez ensuite ce qu’il faut faire, et que vous lui direz ce que vous avez prévu de faire.
Tout ce qui a été constaté ou rassemblé durant l’évaluation doit être noté avec précision, soit dans le dossier d’un professionnel, soit sur un document confidentiel. Il n’est pas rare que quelques années plus tard des constatations inexpliquées prennent leur sens lorsque la situation s’aggrave.

Il est important que le non-professionnel en reste là et transmette sans délai ce qui a été dit et ce qu’il a constaté à une autorité. Le recours à des professionnels de l’enfance est admissible pour l’évaluation d’une situation peu claire, et qu’il y a doute sur l’attitude à adopter.

Le non-professionnel ne doit en aucun cas faire une enquête, réinterroger l’enfant, et chercher absolument à corroborer les dires de l’enfant par d’autres sources.

Commentaires





Partager:

Nos adresses préférées

> Lausanne

Association ESPAS

Espace de soutien et de prévention – abus sexuels
Vaud – Valais – Fribourg

Soutien thérapeutique spécialisé pour les enfants, les adolescents et les adultes
concernés par les abus sexuels.

> Genève et Vaud

Association Face à Face

L’Association "Face à Face" travaille sur la prévention et le traitement psycho-éducatif des femmes et des adolescent-e-s ayant des comportements violents, ainsi que des familles à transactions violentes, afin d’enrayer le cycle répétitif de la violence.
Elle propose
également des formations et des supervisions pour les structures ou les individus qui le
souhaitent.

La violence est un ensemble de comportements, de paroles ou de gestes agressifs, brusques
et répétés contre soi ou à l’intérieur d’une relation de couple, de famille ou de travail.

Cette violence peut être physique, psychologique, économique ou verbale.

> Lausanne

Brigade des Moeurs, 021 315 15 15

La brigade des Mœurs s'occupe de ce qui touche à l'intégrité sexuelle.

Horaires: 24h/24 pour les victimes de moeurs.
Urgences par tél. 117

Les inspecteurs-trices spécialisé-e-s de la brigade des Mœurs traitent des infractions en relation avec:

- l'intégrité sexuelle (viol, contrainte sexuelle, pédophilie, exhibitionnisme, pornographie, etc.);
- la maltraitance sur les mineurs (violences physiques et psychologiques);
- les cas graves de violence domestique (lésions corporelles graves, tentative d'homicide, notion d'abus sexuel au sein du couple, etc.);
- la prostitution (prostituées clandestines, contrôles de salons de massages, traite d'êtres humains, etc.).

> Lausanne

Bureau Information Femmes - BIF

Lieu d'écoute, de renseignements et d'orientation à la disposition des femmes

> Lausanne

Centre LAVI - PROFA - Consultation pour victimes d'infraction

Le centre LAVI offre une aide aux personnes suisses et migrantes, même sans permis de séjour valable (possibilité de travailler avec des interprètes).

Ecoute et soutien.

Prestations financières à l’intention des personnes reconnues comme victimes au sens de la LAVI (hébergement d’urgence, premières consultations juridiques et/ou psychologiques, changement de serrure, etc.).

Accompagnement dans les démarches juridiques et administratives liées aux infractions (déclaration aux assurances, etc.).

Informations sur la procédure pénale et sur les droits spécifiques des victimes LAVI.

En cas de procédure pénale, accompagnement auprès de la police et de la justice.

Orientation vers les services spécialisés.

Confidentialité absolue. Anonymat possible.

Les prestations du centre sont gratuites.

> Lausanne et 1260 Nyon

Christian Rollini - Sexologue - Spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie

Médecin praticien FMH -
Thérapie de couple - Thérapie de famille -
Psychothérapeute de couple - psychothérapie de couple
Cabinet médical de groupe Médipsy

> Lausanne

Consyl

Différentes formes de thérapie de famille, de couple ou individuelle utilisant la pratique systémique.

Ligne d'aide et d'écoute des enfants, des jeunes et des parents - 147

La ligne d'aide 147 de pro juventute dispense des conseils gratuits aux enfants et aux jeunes qui se trouvent en situation difficile. Par téléphone ou par SMS le n° 147 fonctionne 24h/24 et 7j/7 dans toute la Suisse, dans les 3 langues nationales. Confidentialité et gratuité garantie.

Un partenariat entre Projuventute et des permanences qualifiées.

> Lausanne

Service de Prévention MIRA

Service de prévention des abus sexuels dans les milieux de loisirs.
Service offrant aussi des conseils en cas de soupçons ou d'abus sexuels avérés.

> Lausanne

TELME - Soutien psychologique jeunes et parents

Association romande - Soutien psychologique, appui éducatif pour les jeunes et les parents.

Pour les parents, les jeunes et les familles, sur www.telme.ch vous trouverez une plateforme vous offrant : des ressources psychoéducatives et psychothérapeutiques, des informations.

A lire

Nos partenaires